Les 10 points clés du modèle de leadership d’Alexandre Havard
1. Le leadership authentique doit être basé sur une anthropologie authentique: celle qui inclut l’arétologie, la science des vertus. La vertu est une habitude de l’intelligence, de la volonté et du coeur qui nous permet d’atteindre l’excellence personnelle et l’efficacité professionnelle. Le leadership est intrinsèquement lié a la vertu pour deux raisons: 1) parce que c’est la vertu qui crée la confiance qui est la condition sine qua non du leadership; 2) parce que la vertu est une force dynamique qui accroît la capacité d’agir si nécéssaire au leader (le mot “vertu” vient du mot latin virtus qui signifie “force” ou “pouvoir”).
2. La magnanimité et l’humilité, qui sont principalement des vertus du coeur, constituent les “piliers” du leadership. La magnanimité est l’habitude de tendre vers de grandes choses. Les Leaders sont magnanimes dans leurs rêves, leurs visions et leur sens de la mission; ils le sont aussi dans leur capacité a se fixer a eux memes et aux autres des objectifs personels et organisationnels élevés. L’humilité est l’habitude de servir les autres. Pour un leader pratiquer l’humilité c’est tirer en avant plutôt que de pousser, enseigner plutôt que de commander, inspirer plutôt que de réprimander. Pratiquer l’humilité, en un mot, c’est donner à ceux qu’on dirige la capacité de se réaliser eux-mêmes. La magnanimité et l’humilité sont deux vertus que l’on ne saurait séparer l’une de l’autre. Elles constituent ensemble un unique idéal: l’idéal de la dignité et de la grandeur de l’homme. La magnanimité nous fait prendre conscience de notre dignité et de notre grandeur personnelle; l’humilité nous fait prendre conscience de la dignité et de la grandeur de l’autre. La magnanimité et l’humilité sont les fruits d’une appréciation juste de la valeur de l’homme; la pusillanimité, qui empêche l’homme de se comprendre lui même, et l’orgueil, qui l’empêche de comprendre les autres, sont les fruits d’une appréciation érronée. Le leadership est un idéal de vie qui reconnait, assimile et propage la vérité sur l’homme.
3. Les vertus de prudence (sagesse pratique), courage, maîtrise de soi et justice, qui sont principalement des vertus de l’intelligence et de la volonté, constituent les “foundations” du leadership. La prudence augmente la capacité du leader à prendre les bonnes décisions; le courage lui permet de maintenir le cap et de résister aux pressions de toutes sortes; la tempérance subordonne ses émotions et passions à sa raison et projette leur énergie vitale dans l’accomplissement de sa mission; la justice lui permet de donner à chacun son dû.
4. On ne naît pas leader, on le devient. La vertu est une habitude aquise par la pratique. Le leadership est une question de caractère (vertu, liberté, progrès personnel), et non de tempérament (biologie, génétique, déterminisme et fatalité). Le tempérament peut favoriser la croissance de certaines vertus et ralentir le développement d’autres vertus, mais il arrive un moment dans la vie du leader ou ses vertus impriment un caractère (un sceau) sur son tempérament, de sorte que son tempérament cesse de le dominer. Le tempérament n’est pas un obstacle au leadership; l’obstacle au leadership est le manque de caractère, l’absence d’énergie morale qui nous rend incapables de diriger.
5. Le leader ne dirige pas au moyen de la potestas ou pouvoir inhérent à ses fonctions. Il dirige au moyen de l’auctoritas, de l’ autorité qui provient du caractère. Ceux qui dirigent au moyen de la potestas, parce qu’ils manquent d’autorité, ne sont des leaders que de nom. C’est un cercle vicieux: celui qui manque d’autorité (auctoritas) tend à abuser de son pouvoir (potestas), ce qui provoque une érosion plus ample de son autorité, et le chemin vers l’authentique leadership est pour lui définitivement bloqué.
6. Pour grandir en vertu, il faut: 1) contempler la vertu afin d’en percevoir la beauté intrinsèque et la désirer ardemment (rôle du cœur); 2) agir vertueusement d’une manière habituelle (rôle de la volonté); et 3) pratiquer toutes les vertus simultanément au moyen d’une attention particulière portée à la prudence (rôle de la raison).
7. Par la pratique des vertus les leaders en arrivent à posséder la maturité sous tous ses aspects : dans leurs jugements, leurs émotions, leur comportement. Les signes de la maturité sont la confiance en soi et la cohérence, la stabilité psychologique, la joie et l’optimisme, le naturel, le sens de la liberté et de la responsabilité, la paix intérieure. Les leaders ne sont ni sceptiques ni cyniques, ils sont réalistes. Le réalisme est la capacité d’entretenir les nobles aspirations de l’âme, même lorsqu’on est assailli par nos faiblesses personnelles. Etre réaliste n’est pas céder à la faiblesse, mais la dominer par la pratique des vertus.
8. Le leader rejette une approche utilitariste de la vertu. La vertu n’est pas quelque chose qu’il cultive avant tout pour devenir efficace dans ce qu’il fait. Il cultive la vertu en premier lieu pour devenir meilleur comme individu. L’efficacité n’est pas l’objectif de la croissance spirituelle ; c’est simplement l’un de ses multiples résultats.
9. Les leaders pratiquent l’éthique des vertus, plutôt qu’ une éthique basée sur des règles. L’éthique des vertus ne nie pas la validité des règles, mais elle affirme que les règles ne constituent pas le fondement ultime de l’éthique. Les règles doivent être au service de la vertu. L’éthique des vertus favorise amplement la créativité du leader.
10. La vie chrétienne a une impact formidable sur le leadership, parce que les vertus surnaturelles de foi, d’espérance et de charité (qui constituent l’essence de la vie chrétienne) élèvent, renforcent, et transfigurent les vertus naturelles, qui sont les pilliers et fondations du leadership. Aucune étude du leadership ne serait etre complète si elle néglige de considérer les vertus surnaturelles.


